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Sextorsion : que faire et comment porter plainte ?

Sextorsion : que faire si on menace de diffuser tes images intimes ou si tu reçois un mail de chantage, où porter plainte et trouver une aide gratuite.

Par Publié le 18 min de lectureLire en anglais
Image de couverture : sextorsion, que faire et comment porter plainte

Si quelqu'un menace de diffuser tes photos intimes ou une visio enregistrée à ton insu si tu ne paies pas, c'est de la sextorsion. Première règle : ne paie pas et n'envoie plus rien. Conserve les preuves, cesse de répondre sans supprimer la conversation, signale le compte à la plateforme et porte plainte, en ligne ou au commissariat. Ce n'est pas ta faute, et une aide gratuite existe, y compris pour faire retirer les images.

Le maître chanteur compte sur la honte et la panique pour que tu agisses vite et seul. Prends donc une minute pour respirer et avance étape par étape. Beaucoup de menaces arrivent d'ailleurs par mail, envoyées en masse, sans aucune vidéo derrière. Nous avons rassemblé ici ce que conseillent Cybermalveillance.gouv.fr, Service-Public.fr, la police nationale et l'association e-Enfance, pour les adultes comme pour les ados.

Sextorsion : que faire dans les premières minutes ?

Ne cède pas à la demande, même si le délai paraît très court. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les cybercriminels ne se contentent généralement pas d'un seul paiement, et tu n'auras jamais la garantie que le chantage s'arrête. Arrête plutôt de répondre, bloque le compte sans effacer la conversation et garde les preuves. Ensuite, signale, porte plainte et parles-en à quelqu'un.

  1. Ne paie pas : pas de virement, de carte cadeau ni de cryptomonnaie, même pas un acompte.
  2. N'envoie rien d'autre : aucune nouvelle photo ni vidéo, même si le maître chanteur te présente cela comme une porte de sortie.
  3. Garde les preuves : fais des captures d'écran du profil, du pseudo, du lien vers le compte, des messages et de chaque demande avant de bloquer.
  4. Coupe le contact : ne réponds plus et bloque la personne, mais ne supprime pas la conversation.
  5. Verrouille tes comptes : passe tes réseaux sociaux en privé pour que le maître chanteur ne voie plus tes amis, ta famille ni tes contacts professionnels.
  6. Signale et porte plainte : signale le compte sur la plateforme, puis porte plainte en ligne, au commissariat ou à la gendarmerie.
  7. Demande de l'aide : parles-en à une personne de confiance. Si tu as moins de 18 ans, appelle le 3018 ou parle à un adulte de confiance.

Tu n'es pas coupable. Comme le rappelle e-Enfance, même quand une victime a elle-même envoyé une photo ou une vidéo intime, elle n'est jamais responsable du chantage qu'elle subit. La sextorsion commence aussi souvent par un compte qui n'appartient pas à la personne que tu crois connaître. Notre guide pour reconnaître un faux profil t'aide à repérer ces comptes plus tôt la prochaine fois.

Ce qu'est la sextorsion et comment se déroule le chantage

La sextorsion, aussi appelée chantage à la webcam, consiste à te menacer de diffuser des contenus intimes pour obtenir quelque chose en retour : de l'argent, d'autres photos ou d'autres vidéos. D'après l'association e-Enfance, le premier contact a lieu sur un réseau social, une plateforme de jeux vidéo, un tchat ou une appli de rencontre. L'auteur peut aussi être quelqu'un que la victime connaît déjà, par exemple un ex qui détient des contenus intimes.

Face à un inconnu, le scénario est souvent le même. L'auteur gagne ta confiance, se fait parfois passer pour quelqu'un de ton âge, puis pousse la conversation vers une messagerie privée, où il est moins facilement repéré. Les échanges deviennent vite intimes. Une photo, une vidéo ou un appel vidéo est alors enregistré à ton insu, et le chantage commence.

Chez les mineurs, e-Enfance observe que le chantage pour de l'argent touche surtout les garçons de 14 à 17 ans, souvent contactés sur une plateforme de jeux en ligne. Lorsque l'auteur exige de nouvelles images plutôt que de l'argent, ce sont davantage les filles qui sont visées. Les adultes sont touchés eux aussi, notamment via les sites de rencontre. Notre article sur les arnaques sur les sites de rencontre décrit ce piège parmi d'autres.

Il existe deux situations très différentes :

  • Des images ou des vidéos réelles : un nouveau match ou un nouvel abonné drague, propose de passer sur une autre appli et insiste pour obtenir des nudes ou une visio. La visio est enregistrée, puis la menace tombe.
  • Des mails de chantage envoyés en masse : un message prétend que ton ordinateur ou ta webcam a été piraté et que tu as été filmé. Derrière, il n'y a en général aucune vidéo. La section sur le mail de sextorsion plus bas explique comment le reconnaître.

Autre variante : les faux nus. Cybermalveillance.gouv.fr signale que l'escroc peut réaliser un montage en plaçant le visage de la victime sur des images à caractère sexuel, ou récupérer des contenus intimes en piratant l'un de ses comptes. Avec l'IA, rappelle e-Enfance, une véritable photo intime n'est plus nécessaire pour faire chanter quelqu'un. Notre article comment savoir si une photo est truquée explique comment repérer ces montages. Les étapes, elles, restent les mêmes : ne pas payer, conserver les preuves, signaler et demander de l'aide.

Conserver les preuves sans te mettre en danger

Les preuves aident la plateforme, la police et la gendarmerie à agir contre le compte. Service-Public.fr conseille de rassembler un maximum d'éléments contre l'auteur : son numéro de téléphone ou son profil, des captures d'écran de tes échanges et les enregistrements de conversations. Le site insiste sur les preuves datées, par exemple des captures qui affichent la date et l'heure. Fais-le avant de bloquer, car le profil peut disparaître ensuite.

Une liste pratique :

  • Des captures d'écran du profil, avec le pseudo et le lien vers le compte
  • La conversation complète, y compris sur l'autre appli où il t'a fait passer
  • Chaque menace et chaque demande, avec la date et l'heure
  • Les coordonnées de paiement envoyées par le maître chanteur : carte cadeau, identifiant de paiement, adresse de portefeuille crypto

Note aussi une courte chronologie : où vous vous êtes rencontrés, quand les menaces ont commencé, ce qui a été exigé. Ta plainte sera plus rapide à déposer, et tu n'auras pas à rouvrir la conversation sans cesse. Notre article sur la photo comme preuve détaille ce qu'une capture d'écran peut établir, et ses limites.

Une exception importante. Si les images montrent une personne de moins de 18 ans, ne les télécharge pas, ne les transfère pas et ne les repartage pas, même à un ami qui veut aider ou comme preuve. Le Code pénal (article 227-23) punit notamment le fait de transmettre ou de détenir l'image à caractère pornographique d'un mineur. Garde les captures de la conversation et du compte, et demande au 3018 ou aux enquêteurs comment préserver le reste.

Smartphone éteint posé sur une table sombre dans la pénombre
Couper le contact ne veut pas dire tout effacer : sauvegarde d'abord le profil et la conversation.Photo: Hasan Albari / Pexels

Signaler la sextorsion et porter plainte

Signale la sextorsion à deux endroits au moins : sur la plateforme où tout a commencé et auprès des forces de l'ordre. La plateforme peut supprimer le compte et les contenus intimes, et ton signalement protège peut-être la prochaine personne visée.

Sur Instagram, Snapchat, TikTok ou une appli de rencontre, utilise la fonction de signalement du profil, du message ou de la publication. Notre guide pour signaler un faux profil montre où la trouver sur Tinder, Meetic ou Facebook. Selon Service-Public.fr, les hébergeurs doivent proposer un mécanisme de signalement visible et accessible à tous. Une fois alertés, ils doivent retirer ou bloquer sans délai le contenu illégal et prévenir les autorités compétentes.

Pour la plainte, trois voies existent. Si la relation est restée virtuelle et qu'on t'a demandé de l'argent, tu peux porter plainte en ligne sur la plateforme THESEE, accessible depuis Service-Public.fr, même si tu n'as rien versé. Si l'auteur exigeait d'autres photos plutôt que de l'argent, ou si tu l'as rencontré, rends-toi au commissariat ou à la brigade de gendarmerie de ton choix. Tu peux aussi écrire au procureur de la République.

Si tu ne connais pas l'identité de l'auteur, la plainte est déposée contre X. Selon Service-Public.fr, tu as 6 ans pour porter plainte à compter du dernier chantage. Les mineurs ne peuvent pas porter plainte sur THESEE : ils peuvent seulement y faire un signalement, ou signaler les faits au commissariat ou à la gendarmerie.

Si des images ont déjà été publiées, signale-les aussi sur PHAROS, la plateforme de la police nationale pour les contenus illicites sur internet. En cas d'urgence, compose le 17. Pour te faire conseiller, la plateforme Info Escroqueries du ministère de l'Intérieur répond au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30 (appel gratuit).

Faire retirer les images : StopNCII et Take It Down

Commence par signaler chaque image directement à la plateforme ou au site qui la publie. D'après la fiche de Cybermalveillance.gouv.fr, si le site ne répond pas sous un mois, tu peux déposer une plainte auprès de la CNIL. Tu peux aussi demander aux moteurs de recherche de ne plus référencer la page : c'est le déréférencement.

Deux outils gratuits empêchent en plus les images de se propager sur les grandes plateformes. Tous deux calculent sur ton appareil une empreinte numérique (un hash) de l'image. Seule cette empreinte est transmise, jamais l'image elle-même. Les plateformes participantes recherchent ensuite les copies identiques et peuvent les bloquer.

StopNCII.org s'adresse aux adultes : tu dois apparaître sur l'image, avoir eu au moins 18 ans au moment où elle a été prise et l'avoir encore en ta possession. Sa FAQ précise que l'outil peut servir en cas de sextorsion ou de chantage à la webcam. Il accepte aussi les deepfakes qui te représentent. Le service est géré par la Revenge Porn Helpline.

Take It Down, le service du centre américain NCMEC, couvre les photos et vidéos prises avant tes 18 ans, même si tu es majeur aujourd'hui. Il est gratuit et tu peux rester anonyme. La photo ou la vidéo ne quitte pas ton appareil, et tu n'as à l'envoyer à personne.

Connais leurs limites. Ces deux outils ne fonctionnent que sur les plateformes participantes, publiques ou non chiffrées : ni dans les messageries chiffrées, ni sur tout internet. Une copie recadrée ou filtrée peut ne plus correspondre à l'empreinte d'origine, précise StopNCII. Si une image apparaît sur un site, signale-la donc aussi directement à son éditeur.

Smartphone entouré d'une chaîne et d'un cadenas à code sur une table en bois
StopNCII et Take It Down ne transmettent qu'une empreinte de l'image, jamais l'image elle-même.Photo: Towfiqu barbhuiya / Pexels

Si tu es mineur ou parent : de l'aide sans reproches

Si tu as moins de 18 ans : tu n'es pas responsable de ce qui t'arrive, c'est la personne qui te menace qui commet une infraction. Ne paie pas et n'envoie rien d'autre, car céder ne garantit pas que les menaces s'arrêtent. Signale le compte dans l'appli, bloque la personne et garde les messages au lieu de les effacer.

Appelle ensuite le 3018, le numéro national pour les jeunes victimes de harcèlement et de violences numériques. Il est gratuit, anonyme et confidentiel, joignable 7 jours sur 7 de 9 h à 23 h par téléphone ou par tchat dans l'appli 3018. Désigné signaleur de confiance par l'Arcom, le 3018 peut transmettre des signalements aux plateformes pour obtenir le retrait rapide de comptes ou de contenus. Tu peux aussi en parler à un parent ou à un autre adulte de confiance.

Ne transfère les images à personne, pas même à des amis qui veulent t'aider. Les transmettre peut constituer une infraction, même avec de bonnes intentions. Take It Down t'aide à les tenir à l'écart des plateformes participantes sans les envoyer nulle part.

Pour les parents, e-Enfance conseille d'abord d'écouter sans minimiser ni juger, de rappeler clairement à l'enfant qu'il n'est pas responsable et d'éviter de négocier avec l'auteur du chantage. À notre avis, la colère ou la confiscation du téléphone peuvent pousser un enfant à cacher le prochain problème. N'enregistre pas et ne transfère pas les images toi-même. Contacte le 3018 et la police ou la gendarmerie : pour une indemnisation, ce sont les représentants légaux qui se constituent partie civile au nom de l'enfant.

Mail de sextorsion : reconnaître le bluff du faux pirate

Un mail typique prétend qu'un « hacker » a piraté ton ordinateur après la consultation d'un site pornographique et t'a filmé avec ta webcam. Faute de rançon, la vidéo partirait à tes contacts personnels, voire professionnels. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, ces vagues de messages circulent depuis l'été 2018. La rançon va de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros, en Bitcoin ou en Litecoin.

Le constat de Cybermalveillance.gouv.fr est clair : aucun cas n'a été signalé jusqu'ici de victimes ayant vu les menaces mises à exécution. Les escrocs écrivent à des milliers de personnes et n'auraient matériellement pas le temps de faire ce qu'ils affirment. Beaucoup de destinataires n'avaient même pas de webcam.

Les signes typiques d'un mail de sextorsion envoyé en masse :

  • Il cite un mot de passe que tu as réellement utilisé, parfois depuis longtemps abandonné.
  • Il semble venir de ta propre adresse mail. Or l'adresse de l'expéditeur n'est qu'un affichage facile à usurper.
  • Il réclame une rançon en cryptomonnaie et invoque parfois un virus au nom inquiétant, comme Pegasus.
  • Il menace d'envoyer la vidéo à tes proches et à tes collègues.

Le mot de passe inquiète, mais il ne prouve aucun accès à ta caméra. D'après Cybermalveillance.gouv.fr, il provient sans doute d'une fuite antérieure : de nombreux sites se font pirater leurs bases de comptes, que les cybercriminels revendent ensuite. Ne réponds pas, car cela confirme que ton adresse est active. Change ce mot de passe partout où tu l'utilises encore, et active la double authentification sur ta messagerie.

Garde des captures d'écran du message, puis signale-le sur Signal Spam. Si tu as déjà payé, Cybermalveillance.gouv.fr y voit une extorsion au sens de l'article 312-1 du Code pénal. Contacte alors ta banque pour tenter de faire annuler la transaction, et porte plainte.

La sextorsion est-elle punie ? Ce que dit le Code pénal

Oui. Service-Public.fr parle d'un délit de sextorsion lorsqu'une personne menace de publier des contenus sexuels qui te concernent pour obtenir quelque chose en retour. Selon le cas, plusieurs infractions peuvent être retenues. La principale est le chantage, puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende par l'article 312-10 du Code pénal. La tentative est punie des mêmes peines.

Depuis la loi SREN du 21 mai 2024, la peine passe à sept ans et 100 000 € quand le chantage est exercé par un service en ligne au moyen d'images ou de vidéos à caractère sexuel, ou pour en obtenir. D'autres textes peuvent s'ajouter. Diffuser sans accord une image à caractère sexuel est puni de deux ans et de 60 000 € (article 226-2-1), même si la personne avait elle-même fourni l'image. Si ton compte a été piraté, l'accès frauduleux à un système informatique (article 323-1) peut aussi être retenu.

Quand un mineur est concerné, d'autres infractions entrent en jeu. e-Enfance cite notamment la sollicitation d'images à caractère sexuel d'un mineur et la diffusion de contenus sexuels générés par IA ou réalisés par montage. C'est au parquet, puis au juge, de déterminer les infractions retenues dans ton cas. Ce guide ne remplace pas un conseil juridique.

Pour une question personnelle, par exemple une demande de dommages et intérêts, adresse-toi à un avocat. Si tes ressources sont insuffisantes, tu peux éventuellement demander l'aide juridictionnelle. Le premier pas reste la plainte : elle donne aux enquêteurs des éléments pour identifier l'auteur.

Trouver du soutien : tu n'as pas à traverser ça seul

La sextorsion peut provoquer de la peur, de la honte et de la panique. C'est une réaction normale face à une menace, pas un signe de faiblesse. La responsabilité revient au maître chanteur, pas à toi, même si tu as fait confiance à quelqu'un et envoyé des images. Parles-en à une personne de confiance ou à l'un des services ci-dessous.

France Victimes, le numéro d'aide aux victimes du ministère de la Justice, répond au 116 006, 7 jours sur 7 de 9 h à 19 h (appel et service gratuits). Une association de son réseau peut t'accompagner gratuitement dans ta plainte. Le 3018 reste la référence pour les jeunes. Et si tu ne sais pas par où commencer, 17Cyber, l'assistance en ligne de la police nationale, de la gendarmerie et de Cybermalveillance.gouv.fr, t'aide à faire le diagnostic de ta situation.

Si tu es en détresse ou si tu penses à te faire du mal, appelle le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit et joignable 24 h/24, 7 j/7, partout en France. En cas de danger immédiat, pour toi ou pour quelqu'un d'autre, compose le 17. Il existe une issue, et tu n'as pas à la trouver seul.

Méfie-toi des sociétés ou des inconnus qui proposent, contre paiement, de faire disparaître les vidéos ou de retrouver le maître chanteur. Les services publics et les associations cités plus haut t'aident gratuitement. Rien ne justifie de payer quelqu'un qui promet de régler le problème à ta place.

Comment te protéger de la sextorsion à l'avenir

Le premier conseil de Cybermalveillance.gouv.fr : fais attention à qui tu parles, surtout face aux demandes de contact d'inconnus ou de personnes que tu ne connais pas vraiment. Méfie-toi aussi quand quelqu'un te pousse à poursuivre l'échange sur une autre plateforme que celle de la rencontre. Cybermalveillance.gouv.fr et e-Enfance recommandent en plus quelques habitudes :

  • Passe tes comptes de réseaux sociaux en privé et limite les informations personnelles visibles.
  • Utilise un mot de passe solide et différent pour chaque compte, avec la double authentification.
  • Bloque les comptes insistants.
  • Si tu envoies malgré tout une photo intime, ne montre ni ton visage ni de signe distinctif.
  • Masque ta webcam quand tu ne t'en sers pas, un morceau de ruban adhésif opaque suffit.

Vérifie aussi les nouveaux contacts avant de leur faire confiance. Une recherche d'image inversée sur la photo de profil peut montrer qu'elle circule ailleurs sous un autre nom. Sois particulièrement prudent si quelqu'un réclame très vite des images intimes, un appel vidéo coquin ou de l'argent. Selon e-Enfance, un profil presque vide, l'insistance et l'interdiction d'en parler à tes proches sont aussi des signaux d'alerte.

Questions fréquentes sur la sextorsion

Qu'est-ce que la sextorsion ?

La sextorsion est un chantage avec des images ou des vidéos intimes. Quelqu'un menace de publier ces contenus ou de les envoyer à tes proches si tu ne paies pas ou si tu n'envoies pas d'autres images. Elle commence souvent par un flirt sur un réseau social, une appli de rencontre ou un jeu en ligne, puis une visio enregistrée à ton insu. Une autre forme passe par des mails envoyés en masse qui prétendent seulement détenir une vidéo.

Faut-il payer en cas de sextorsion ?

Non. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, les maîtres chanteurs ne se contentent généralement pas d'un seul paiement, et payer encourage l'escroc à piéger d'autres personnes. N'envoie pas non plus de nouvelles images. Conserve les preuves, coupe le contact sans supprimer la conversation, signale le compte et porte plainte. Si tu as déjà payé, contacte ta banque et signale-le aussi dans ta plainte.

Où porter plainte pour sextorsion ?

Si la relation est restée virtuelle et qu'on t'a demandé de l'argent, tu peux porter plainte en ligne sur THESEE, depuis Service-Public.fr. Sinon, rends-toi dans le commissariat ou la brigade de gendarmerie de ton choix, ou écris au procureur de la République. Signale aussi le compte sur la plateforme et, si des images sont publiées, sur PHAROS. En cas d'urgence, compose le 17.

La sextorsion est-elle punie par la loi ?

Oui. Le chantage est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende par l'article 312-10 du Code pénal, et de sept ans et 100 000 € quand il passe par un service en ligne avec des images sexuelles. Diffuser une image intime sans accord est aussi un délit (article 226-2-1). Le parquet et le juge décident des qualifications retenues dans chaque cas.

Un mail de chantage avec mon mot de passe est-il sérieux ?

En règle générale, non. Selon Cybermalveillance.gouv.fr, aucun cas de menace mise à exécution n'a été signalé jusqu'ici. Ton mot de passe provient sans doute d'une ancienne fuite de données et ne prouve aucun accès à ta webcam. Ne réponds pas et ne paie pas. Change ce mot de passe partout où tu l'utilises, active la double authentification et signale le message sur Signal Spam.

Comment faire supprimer des photos intimes publiées sans mon accord ?

Signale d'abord chaque image à la plateforme ou au site concerné, qui doit retirer un contenu illégal signalé. Sans réponse sous un mois, tu peux saisir la CNIL. StopNCII.org (images prises à 18 ans ou plus) et Take It Down (images prises avant 18 ans) aident les plateformes participantes à bloquer les copies. Aucun des deux ne fonctionne dans les messageries chiffrées.

Que faire si mon enfant est victime de sextorsion ?

Reste calme, écoute-le sans juger et dis-lui clairement qu'il n'est pas responsable. Ne paie pas, ne négocie pas avec l'auteur et ne conserve ni ne transfère les images toi-même. Aide ton enfant à signaler le compte et à le bloquer sans effacer les messages. Appelez ensemble le 3018, puis portez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Take It Down peut aider à tenir les images à l'écart des plateformes.

L'essentiel : la sextorsion perd sa force quand tu en parles

La sextorsion fonctionne quand les victimes paniquent, paient et se taisent. Ne paie pas, n'envoie rien d'autre, sauvegarde le profil et la conversation, puis coupe le contact. Signale le compte à la plateforme, porte plainte en ligne sur THESEE ou au commissariat, et utilise StopNCII ou Take It Down pour tenir les images à l'écart des plateformes participantes.

Face à un mail de sextorsion qui cite un ancien mot de passe, change ce mot de passe, active la double authentification et signale le message. Quelle que soit la forme du chantage, la faute revient au maître chanteur. Tourne-toi vers une personne de confiance, le 3018 ou le 116 006 : tu n'as pas à affronter cela seul.

À propos de l'auteur

Cofondateur et responsable marketing de TrustCamera

Yannick est cofondateur de TrustCamera, où il est responsable du marketing et du contenu. Diplômé d'un bachelor et d'un master en gestion d'entreprise, il travaille depuis des années dans le marketing de contenu et le SEO.

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